by frédéric » Thu Nov 10, 2011 9:55 pm
Merci infiniment, Roxyrox, de votre réponse : je prends bonne note de votre référence bibliographique. Je n'ignore pas, en effet, les difficultés que poserait la psychanalyse d'un sourd, notamment (comme vous le soulignez) en raison du transfert, même si je reste persuadé, malgré le peu de travaux qui ont été consacrés à l'expérience du plurilinguisme dans la pratique analytique, que la question mérite quand même (dans le prolongement, par exemple, des travaux promus par des auteurs comme Bertrand Piret ou Karim Khelil) d'être posée. Ma question portait non pas sur l'hypothèse d'une psychanalyse avec interprète mais, plutôt, sur l'éventualité d'une analyse qui serait entreprise par un sourd avec un professionnel de la psychanalyse maîtrisant parfaitement la langue des signes, autrement dit : une psychanalyse en LSF. Questions subsidiaires :
- on sait la place éminente qu'occupent dans le dispositif psychanalytique les "lapsus linguae" comme voie d'exploration de l'inconscient : les sourds commettent-ils des "lapsus gestus" qui seraient interprétables au même titre que les autres actes manqués ?
- Freud porte une attention particulière à l'oubli des noms, qu'il décrit en termes de refoulement dans le cadre d'une psychopathologie de la vie quotidienne : y a-t-il, analoguement, des oublis de noms chez les sourds qui, comme les mots qu'on a "sur le bout de la langue", s'apparenteraient à signes qu'on aurait "sur le bout des doigts" ?
J'ai encore plein de questions... mais ne sais à qui les adresser...